Enseignement : les professeurs débutants n'en peuvent plus

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Bonsoir à toutes et à tous,
Voici le contenu d'un article paru dans le Progrès de ce jour.
Bonne lecture.
Isabelle Jeantet
Consultante en Management / Thérapeute (PNL, hypnose ericksonienne, EFT, AT...)
www.alpes-competences-consulting.com
Rhône
Enseignement : les professeurs débutants n'en peuvent plus
publié le 02.11.2010 04h0

Les étudiants qui ont réussi les concours d'enseignement sont depuis cette rentrée nommés à plein temps.
Ce qui ne va pas sans difficultés dans les collèges et les lycées

« Quand j'ai eu 120 copies à corriger d'un coup, j'ai craqué.
Je suis allée voir le médecin.
Quand il a vu ma tête, il m'a arrêtée trois jours.
Pour la première fois de ma vie, je prends des médicaments pour dormir.
Je n'y arrivais plus.
La nuit, je cogitais sur ce qui allait se passer le lendemain...
».

Laurence (1) débute dans un lycée du Rhône.
« J'ai quatre classes, dont deux difficiles.
Ma tutrice ? Elle est dans un autre lycée.
Nos emplois du temps ne sont pas compatibles.
Je l'ai rencontrée deux fois et elle n'est jamais venue me voir en cours ».
Depuis la rentrée, Laurence se lève à 6 h 30 et travaille jusqu'à 23 heures environ.
« Je prends le samedi après-midi et le samedi soir mais du coup je suis en retard sur mon travail ! », soupire-t-elle.
Comme la plupart des enseignants stagiaires, la jeune femme trouve excessive la charge de 18 heures de cours.
« On n'a aucun recul.
Quand on fait une erreur, on n'a pas le temps de réfléchir, et on recommence la même erreur », résume-t-elle.

Bénédicte donne aussi depuis septembre ses premiers cours de français.
Pour « s'en sortir » elle travaille jusqu'à 2 heures du matin.
« J'ai pu prendre mon premier week-end la semaine dernière...
grâce à la grève.
» L'enseignante débutante se plaint d'un manque de savoir-faire.
« Ne serait-ce que pour corriger les copies.
La dernière fois quand j'ai fini, je me suis rendue compte que la classe avait 6 et demi de moyenne.
J'ai rajouté 4 points à tout le monde sauf à ceux qui n'avaient vraiment pas travaillé », raconte-t-elle.
« Ma tutrice est venue une fois dans ma classe.
Elle est prête à m'aider, à me filer des trucs mais ça ne suffit pas.
On est censés tout savoir sans avoir eu le temps d'apprendre ! »

Même désarroi chez Caroline.
« On a une formation disciplinaire élevée mais concrètement, on enseigne ce qu'on a appris à un niveau universitaire à des jeunes qui ne comprennent pas.
Je mets 9 à 10 heures pour préparer deux heures de cours et près d'une heure par copie...
», souligne-t-elle avant d'évoquer aussi un problème de discipline.

Cet aspect n'est pas spontanément mis en avant.
Il existe néanmoins.
« Les élèves perçoivent qu'on teste des trucs qui ne marchent pas toujours.
Ils sentent qu'on patauge », relève une prof de maths tandis que Léa, professeur de langues vivantes dans un lycée pourtant bien tranquille, avoue avoir récemment « quitté un cours en pleurant ».

« Toutes les difficultés cumulées engendrent un sentiment de culpabilité.
L'estime de soi en prend un coup parce qu'on a tous envie de faire un bon cours mais qu'on n'y arrive pas », résume Juliette.
Pour son entrée dans le métier, celle-ci est nommée sur deux établissements dans des classes de cinq niveaux différents dont des terminales.

Muriel Florin

(1) Tous les prénoms ont été changés afin que la liberté de parole des stagiaires

ne soit pas sanctionnée
Modalités de formation et d'évaluation

Les enseignants débutants ne sont pas forcément tous en difficulté.
Mais ils sont de toute évidence beaucoup plus nombreux à l'être compte te nu des modalités d'entrée dans le métier cette année.
Titulaires du concours, passent en effet directement du statut d'étudiant au statut de professeur à plein-temps.
Précédemment, ils avaient cours 6 heures par semaine et passaient le reste du temps en formation.
La plupart des académies - dont celle de Lyon - ont adopté un système dans lequel les nouveaux sont nommés à plein-temps.
Quelques-unes comme Bordeaux et Rennes ont privilégié une entrée plus progressive, à savoir pas un plein-temps en classe.
« Les stagiaires se sentent littéralement débordés.
c'est ce qui les choque le plus », résume Jean-Louis Pérez, responsable du Snes-Fsu dans l'académie de Lyon.
Les trois départements (Ain, Rhône, Loire) comptent 371 enseignants débutants.
Selon le responsable syndical, beaucoup s'inquiètent aussi des critères selon lesquels ils seront titularisés.

De l'inspecteur, du tuteur ou du chef d'établissement, quel sera l'avis prépondérant? Fin janvier, les débutants de l'académie de Lyon partiront quatre semaines en formation.
A ce moment-là, ils seront à leur tour remplacés par des étudiants se préparant aux concours d'enseignement

 

Isabelle jeantet

 

Article mis en page par André TANZI - Libraire numérique©.

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